Les aides auditives
Les aides auditives conventionnelles sont des appareils portés sur l’oreille ou dans l’oreille, qui permettent de compenser la perte d’audition. Aujourd’hui, ce sont des appareils électroniques de haute technicité, qui permettent non seulement d’amplifier le son mais aussi, dans presque toutes les situations d’améliorer la compréhension de la parole par rapport au bruit de fond, et donc la communication.
Différents types de prothèses sont disponibles sur le marché. Elles comprennent en général un embout, c’est-à-dire une partie introduite dans le conduit auditif externe, qui le bouche plus ou moins complètement. Elles comportent le plus souvent une partie externe, qui est en général dissimulée derrière l’oreille (contour d’oreille) ; certaines n’en comportent pas (intra-conduit).
Une prothèse auditive (un « appareil » auditif) ne sera portée, et donc utile, que si elle est efficace, confortable et discrète. Ces facteurs doivent être pris en compte lors d’une décision d’achat :
- Efficace : bien entendu. Mais il faut savoir que, s’il est facile d’amplifier le son, il est plus délicat de faire « ressortir » les paroles, et plus encore les paroles qui vous sont destinées (par exemple suivre une conversation au milieu d’autres conversations, dans un restaurant, un hall,…), sur un fond bruyant. Les prothèses sont équipées de traitements informatiques qui, s’ils permettent une amélioration nette voire spectaculaire dans certaines situations, ne sont jamais parfaits. Votre type de surdité, les contextes sonores dans lesquels vous utilisez votre prothèse, sont déterminants pour un choix optimal.
- Confortable : La gêne occasionnée par le port d’une prothèse doit être minimale. Il s’agit du confort physique : l’embout, le contour d’oreille ne doivent pas blesser la peau ou la comprimer ; et du confort auditif : certaines personnes ont du mal avec les sons faibles, ou avec les sons aigus, ou entendre trop fortement certains sons (hyperacousie),… la prothèse doit compenser cela de la meilleure manière possible. Vous n’êtes pas obligé de porter votre prothèse en permanence ; mais une prothèse adaptée doit pouvoir l’être sans occasionner de gêne, et c’est préférable pour favoriser l’adaptation de votre audition.
- Discrète : vous souhaitez probablement que votre appareil soit le plus invisible possible, surtout si vous de désirez pas que l’on sache que vous entendez mal (dans les pays anglo-saxons, il est beaucoup plus « naturel » que dans les pays latins de montrer que l’on utilise une aide auditive). Les progrès de l’électronique permettent aujourd’hui de disposer de prothèses d’un niveau de miniaturisation avancé, et la gêne esthétique qu’elles représentent est limitée. La prothèse auditive n’est pas encore en accessoire de mode comme les lunettes !
Ce qu’il faut savoir sur les prothèses auditives
- Pour adopter une prothèse auditive, il faut la comprendre : une prothèse n’est pas un appareil miracle qu’il suffit de mettre pour bien entendre : il y a différents types de surdités, différentes situations d’écoute possibles… Votre médecin ORL vous indiquera, en fonction de votre type de surdité, les solutions possibles, et vous en expliquera les avantages et les inconvénients. C’est à votre audioprothésiste de vous conseiller sur le type de prothèse le mieux adapté à votre cas, et à en assurer le réglage pour qu’elle vous rende le meilleur service possible, et c’est en l’essayant, en comprenant ce que l’on peut en attendre ou pas, que vous pourrez en tirer le meilleur parti.
- Il est difficile d’évaluer le bénéfice d’une prothèse avant de l’avoir essayée. Si vous avez besoin d’une prothèse auditive, il est nécessaire d’en faire un essai sur une période limitée, à l’issue de laquelle vous déciderez de garder ou non la prothèse. L’essai sera réalisé par l’audioprothésiste sur ordonnance du médecin ; l’audioprothésiste acceptera de vous prêter les appareils (ce n’est pas une obligation légale, mais c’est l’usage). Vous paierez probablement un embout réalisé spécialement pour vous, et il vous demandera une caution, mais ce ne sont ni des arrhes ni un acompte, et ces frais seront déduits du prix de l’appareil si vous décidez de l’acheter. Si malgré plusieurs essais de prothèses différentes, vous n’êtes pas satisfait, ré-éxaminez la question avec votre médecin prescripteur. Si votre audioprothésiste refuse cette procédure…faites jouer la concurrence !
- une prothèse auditive est un objet de haute technologie , intégrant de l’électronique miniaturisée et de l’informatique Compte tenu de l’évolution technologique, on vous proposera de renouveler vos prothèses dans 4 ans en moyenne (mais la durée de vie est plus longue). Cela représente de l’ordre de 20 000 heures d’usage. Prenez en soin, mettez les à l’abri de l’humidité tous les soirs, surtout en voyage dans les pays chauds. Il faut noter que la technologie des prothèses auditives est proche de celle des téléphones portables, dont les progrès ont été spectaculaires et dont les prix ne cessent de chuter. Cette baisse ne s’est pas aujourd’hui répercutée sur le prix des prothèses, mais on peut l’espérer.
- une prothèse auditive reste encore coûteuse, mais les prix évoluent : le prix d’une prothèse en France est de l’ordre de 2 fois le SMIC ; globalement il n’est pas plus élevé que dans les autres pays européens, mais cela reste onéreux. Si vous êtes bénéficiaire de la CMU, des prothèses d’entrée de gamme labellisées « CMU » vous seront proposées. Si vous revenus sont même de peu supérieurs, aucune aide particulière simple n’est prévue. Pour plus d’information, vous pouvez consulter la Maison Départementale de la Personne Handicapée de votre département. Mais il faut savoir que la technologie évolue vite, et que la prothèse haut de gamme d’aujourd’hui sera celle du milieu de gamme dans 2 ans, et d’entrée de gamme dans 4. L’important est d’avoir une prothèse bien adaptée, et ce n’est pas nécessairement la plus chère. C’est aussi la vocation d’une association comme FrancePresbyAcousie d’agir sur les différents acteurs du domaine pour contribuer à faire baisser les prix.
